Jiajia Qi

– I Have Asked Many People About You 2023

À l’instar de quelques autres artistes du festival, Jiajia Qi a également choisi l’eau comme point de départ pour sa contribution. Elle veut nous faire réfléchir à notre relation avec l’eau et comment l’adapter, à l’heure où le changement climatique complique l’accès à l’eau douce.

L’installation de l’artiste invite le visiteur à se promener à l’intérieur et à en faire partie. Elle joue avec le fait que notre corps est composé à plus de 60% d’eau et que cette dernière nous lie à d’autres espèces et d’autres mondes.

Son projet est inspiré d’une invention chilienne, le capteur de brouillard. En raison de la pénurie d’eau, la population locale s’est inspirée des plantes et a développé une méthode pour capturer dans des filets les gouttelettes d’eau contenues dans le brouillard. Grâce à ce système simple mais pourtant très ingénieux pour tirer de l’eau douce de l’air, les Chiliens se sont créé une source d’eau pour l’agriculture. La végétation aborigène est ainsi préservée et on parvient même à brasser de la bière.

Le projet comprend deux parties. La première partie est une installation fixe et spécifique qui présente l’eau. Le visiteur est incité à faire de nouvelles associations avec lui-même et son environnement. En combinant différents matériaux entre eux (plexiglas, fil de nylon et acrylique liquide) et en présentant le tout d’une manière particulière, l’eau est représentée comme étant transparente, volatile et légère. L’installation peut également être perçue comme un point d’eau : un point où l’on ne vient que pour s’en éloigner de nouveau aussitôt, sans passé précis ni futur prévisible. Lorsque les visiteurs pénètrent dans l’installation, ils vivent un moment fluide, à la fois variable et fugace. Ils prennent conscience de la présence de « quelque chose », sans savoir ce que c’est précisément.

La seconde partie de la contribution de Jiajia Qi se trouve dans le jardin de la brasserie et se compose de trois petits capteurs de brouillard, ou plutôt d’eau, étant donné que Watou n’est pas spécialement réputé pour son brouillard. Une collaboration spéciale a été mise en place à cet effet avec Nathalie Verbrugghe, une jeune doctorante qui réalise des recherches, avec le soutien du Fonds national de la Recherche scientifique de l’ULB, sur les capteurs de brouillard au Chili. Les capteurs d’eau qu’elle a installés avec l’artiste font partie de ses recherches et des données y seront relevées chaque jour tout au long de l’été. L’idée derrière ces capteurs d’eau est d’attirer de manière encore plus concrète l’attention des visiteurs sur la problématique de la pénurie d’eau et sur les solutions possibles. Les capteurs d’eau ont été fabriqués à partir d’objets quotidiens et de matériaux recyclés.

   & Anne Broeksma  

   – Attrape-brume

1988, NL

Jiajia Qi (1988) est une artiste chinoise basée aux Pays-Bas. Son travail est comme la poussière dans la pièce, qui n’a pas de contour reconnaissable et dont on pense qu’elle n’est pas au bon endroit. Elle crée des installations spécifiques qui intègrent des décors interactifs, des structures spatiales et des éléments sculpturaux.

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